Haggis, Hamburger et flegme…
Après avoir lu le billet de Lynx sur les français l’autre jour, envie de vous parler des anglo-saxons… et de l’expérience que j’ai pu en avoir…
Si nous, les français, sommes définitivement atteints de ce que j’appellerais le syndrome Napoléon Bonaparte, je dirais aussi qu’en ce qui concerne nos meilleurs ennemis d’outre Manche, nous avons un gros défaut : nous les mettons tous dans le même sac… alors qu’un anglais, un écossais et un irlandais ne sont vraiment pas à mettre dans le même sac... je ne parlerai pas des gallois parce que je ne les connais pas. Avouons d’emblée, parmi les britanniques, ce ne sont pas les anglais que je préfère… C’est pour tant dans la banlieue de Londres que j’ai vécu et travaillé le plus longtemps… à cause de leur conscience de classe et dans ce domaine je posais manifestement un problème : ils n’étaient pas fichu de me placer dans une de leur fameuse petite case. Effectivement, quand je suis arrivée à Londres, j’étais rentrée depuis un peu plus d’un an seulement des USA… donc j’avais un anglais avec un accent et des tournures très américanisés mais par instant un vocabulaire scolaire assez britannique qui ressortait… et par-dessus le marché un petit accent français qui persistait… Alors j’étais inclassable, un genre d’OVNI… pour couronner le tout, je n’avais pas les codes sociaux anglais … donc des malentendus à n’en plus finir, avec mon propriétaire par exemple ou avec les comptables anglais avec lesquels je travaillais… Je ne vous raconte même pas ma première visite chez le médecin… Vive le NHS et sa bureaucratie… Je crois malgré tout que ce qui m’a le plus heurté sont les pétitions anti-européennes que certains faisaient signer dans la rue… Mais mes souvenirs les plus bizarres sont quand même ceux vécus au pub… Je n’avais jamais vu les gens boire à ce point et boire seulement pour boire… J’avais le bonheur d’habiter en face d’un pub et je me souviens bien de la violence de certaines bagarres… notamment entre femmes et à coup de talons aiguilles… En bref, en dix-huit mois là-bas, pas une rencontre amicale d’anglais ou d’anglaise, juste des relations de travail… probable que je ne buvais pas suffisamment de bière… par contre, je n’ai passé que trois mois en Ecosse mais les choses étaient complètement différentes : même goût pour l’alcool certes mais l’alcool et la convivialité… Une tradition très forte aussi et pas la même désagréable habitude de considérer tout ce qui n’est pas anglais comme inférieur… Une volonté aussi d’être accueillant et de faire découvrir son pays, sa ville à l’étrangère que j’étais… J’ai retrouvé la même chose auprès d’amis irlandais, avec la musique en plus… En gros, je me permets de critiquer la froideur et la légère hypocrisie anglaise… Ah oui, j’oubliais, on ne vous dira jamais les choses en face… mais on vous les fera comprendre… du style on ne mélange pas les torchons avec les serviettes…du genre on ne vous dit pas qu’on ne veut pas d’un dossier, on vous regarde avec un grand sourire en vous disant « next week for sure… » jusqu’à ce que, les délais se raccourcissant, vous fassiez le travail vous-même… ou jusqu’à devenir les rois de l’injoignabilité…
Bon, je reconnais que je ne suis peut être pas très objective… parce que je reconnais que Londres avait quand même de très bons côtés… comme la politesse sans faille des gens et la diversité ethnique… même si elle avait parfois du mal à être acceptée par certains. Alors, je ne mets pas tous les anglais dans le même panier mais voilà l'impression que j'ai retirée de mon séjour là-bas...
Je laisse de côté ici les américains parce qu’ils méritent un billet à eux tous seuls…
So long…
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